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A network of monitoring plots for forest management under environmental change. lignes directrices et guide d'adaptation : la réponse des forêts canadiennes aux sécheresses

 

Daniel Kneeshaw, Philip Comeau, Loïc D'Orangeville, Louis DeGrandpré, Martina Sanchez-Pinillos, Daniel Houle, Yan Boulanger, Catherine Léger-Beaulieu, Enrique Doblas Miranda, Louis Duchesne, David Grenier-Héon, Dominique Tardif, Changhui Peng, Brian Sturtevant, Phil Burton

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Vulnérabilités

Nos différentes recherches portant sur la résilience et les vulnérabilités des forêts aux changements climatiques ont permis d’identifier :

  1. L’importance des périodes répétées de sécheresses de faible intensité comme stress chronique qui augmentent le risque de mortalité des arbres dans la forêt boréale;
  2. Un seuil potentiel au-delà duquel un stress chronique peut entraîner des taux élevés de mortalité chez les arbres ;
  3. Des différences dans le risque de mortalité d'espèces, telles que le peuplier faux-tremble, dans les différentes régions du Canada : il s'agit d'une espèce considérée comme vulnérable à la sécheresse dans l'Ouest, mais d'une espèce considérée comme résiliente à la sécheresse dans l'Est, ce qui met en évidence le danger d’attribuer des généralités concernant une espèce ;
  4. L’existence de grandes variations de croissance au sein d'une même espèce en réponse à la sécheresse qui sont liées au site (ou à la variabilité génétique des différentes populations) : les sols peu profonds y sont particulièrement vulnérables et la gestion forestière à long terme peut être envisagée afin d’éviter la récolte d’arbres présents à l’intérieur de sites où la production de bois ne peut être faite de manière durable. Cette grande variabilité intraspécifique de la réponse de la croissance des arbres à la sécheresse vient renforcir le message selon lequel il faut être prudent lorsqu'on envisage des généralités et fonder la sylviculture sur une solide connaissance écologique des sites, des espèces d'arbres et des effets des traitements sylvicoles ;
  5. Que la gravité des épidémies d'insectes peut augmenter ou diminuer à l'avenir en fonction de l'amélioration des conditions ou de l'inadéquation entre les arbres hôtes et les insectes. Le lien entre l'augmentation de la gravité des épidémies et le changement climatique est plus fort pour les scolytes que pour les défoliateurs. Le risque le plus important pourrait provenir des espèces d'insectes envahissantes;
  6. Également, que le stress thermique pourrait être un problème plus important pour des espèces comme l'épinette blanche (Picea glauca) que pour des espèces comme le bouleau blanc ou le sapin baumier. Le pin gris ne semble pas être mieux équipé que les autres espèces pour tolérer des conditions de faible teneur en eau (il ne ferme pas ses stomates), mais il échappe plutôt à la sécheresse estivale ou l'évite en poussant rapidement après la fonte des neiges, lorsque l'eau du sol a été rechargée.

Adaptations à considérer

  • Évitez les généralités et les réponses simplistes ;
  • Aménager la forêt en fonction des conditions du site :
    • Dans certaines régions, les conditions peuvent s'améliorer pendant deux à quatre décennies avant de s'inverser ;
    • Le stade de semis est plus vulnérable que le stade d'arbre adulte, donc il faut adapter les plantations de semis aux conditions extrêmes au lieu de penser au stade adulte seulement ;
    • Le réchauffement et l'assèchement du climat ne sont pas des processus généraux facilement prévisibles donc il faut miser sur la résilience et donc de multiples provenances, espèces et de structures ;
  • Les événements extrêmes (gelées tardives, dégels hivernaux, sécheresses suivies d'inondations) vont augmenter et peuvent l'emporter sur les tendances générales dans leurs effets sur la croissance et la survie des arbres. Si c'est le cas, les migrations assistées devraient être envisagées pour planter des populations adaptées aux conditions extrêmes et pas seulement des populations provenant de régions plus chaudes du sud :
    • Les hôtes secondaires peuvent devenir plus vulnérables aux insectes à mesure que les aires de répartition s'étendent. Cela dit, certains insectes devraient causer moins de problèmes, car leurs aires de répartition vont rétrécir ou les aires climatiquement favorables pour l’insecte ne se chevaucheront plus avec la distribution des arbres hôtes ;
    • Le changement climatique peut permettre à certaines espèces envahissantes d'étendre leur aire de répartition et il faut donc investir dans les programmes de suivi et par la suite de contrôle ;
  • Maximiser la récolte aujourd'hui n'est pas forcément l'approche optimale face aux changements climatiques. Disposer de réserves de fibres de bois non allouées peut être une meilleure stratégie à long terme.

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